Ar Vro

Blog nationaliste Breton

28 juillet 2007

Pour les Américains, Jules Verne n'est pas français mais Breton !

Un vieil article que j'avais trouver sur l'ancien site Bretagne Unie (malheureusement mort) :

Jules Vernes... n'était pas un aventurier

L'arrière petit-fils du romancier populaire chasse les mythes au salon d'Elven

Invité du salon du roman populaire d'Elven, Jean-Jules Verne, n'est pas, comme nombre de lecteurs, fasciné par l'oeuvre du célèbre romancier. Explication nécessaire (et suffisante) : l'arrière petit-fils de l'écrivain nantais est né dedans. Il en reconnaît toutefois le caractère universel et moderne. Sans jamais chercher à faire de l'écrivain illustre (mais personnage renfermé !) un mythe.

« Jean-Jules Verne : c'est un nom un peu difficile à porter. J'ai même pensé à en changer. » L'arrière-petit-fils de Jules Verne ne l'a pas fait. Et c'est tant mieux car il n'aurait pas été à Elven samedi. En l'invitant avec sept conférenciers, le salon du Roman populaire d'Elven a su, fort à propos, commémorer la mémoire du célèbre écrivain nantais en avant-première du centenaire de sa mort survenue en 1905.

« Ce n'était pas quelqu'un d'extravagant ni un aventurier brillant comme ses héros de roman, mais un homme renfermé qui a écrit quasiment sans avoir voyagé. » L'auditoire accuse le coup. Jean-Jules Vernes, c'est un peu l'homme qui a vu l'homme qui a vu le grand Jules : son père a connu le romancier pendant 13 ans. « J'en avais une très mauvaise image car mon père en parlait comme quelqu'un d'assez ennuyeux ayant une vie extrêmement réglée. » Paradoxe.

Américain ? Breton !

Chacun mesure encore mieux toute la force d'imagination de cet aventurier sédentaire qui a emmené des générations de lecteurs du centre de la terre à 20 000 lieues sous les mers. « J'ai refusé longtemps de lire des romans de Jules Verne. En 25 ans, j'avais dû lire Le Tour du Monde en 80 jours en Bibliothèque verte et, de force, L'Ile au trésor ! » Ses auditeurs, agglutinés dans la médiathèque d'Elven, ont du mal à le croire. Pourtant...

Le déclic se produit en 1989 lorsque Jean-Jules Verne retrouve dans un coffre de son grand-père le manuscrit de Paris au XXe, roman écrit en 1861-62 et qui avait été refusé par l'éditeur. « Cent ans juste avant ma naissance, mon arrière grand-père se projette à l'époque où je me trouve aujourd'hui et c'est moi qui retrouve le livre. Alors là, il y a un truc. Cela m'a décidé à lire son oeuvre. »

En voyage, Jean-Jules Verne est fréquemment interpellé à propos de son ascendant illustre. Ce qui le conduit parfois à corriger certaines naturalisations intempestives. « Les gens pensent qu'il est né dans leur pays car son nom a été traduit dans leur langue.  Pour les Américains, il est inconcevable qu'il soit français. Né à Nantes où il est resté 18 ans avant de vivre à Amiens, Jules Verne est Breton... » Voilà qui est clair. Nantes le démontrera avec faste dans les mois qui viennent.

Jules_Vernes

Jean-Jules Verne, arrière petit-fils du célèbre romancier nantais (à droite à côté du président de l'Institut Jules Verne, l'universitaire de la Sorbonne Daniel Compère) a su, sans manière, faire sentir à son auditoire combien il était parfois difficile d'être le descendant d'un tel personnage.

Jean-Charles MICHEL.

Source : MaVille Morbihan (Ouest-France), le 13 décembre 2004

Posté par Youenn à 16:27 - Levrioù - Livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 juillet 2007

Vlaanderen onafhankelijk ! Republiek Vlaanderen !

Kamaladed a stourm bemdez e Bro-Flandres evit frankiz o bro hag evit Europa ar pobloù...

Posté par An Euzhvil à 15:10 - Europa - Europe - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

België barst !

Ur video hor c'hamaladed ar strollad voorpost :

Ei ! Het lied der Vlaamse zonen,

Met zijn wilde noordertonen,

Met het oude Vlaams Hoezee

Vliegt de blauwvoet ? Storm op zee !

Voorpost_congr_s_1

Voorpost_congr_s_2

Vlaanderen onafhankelijk ! Republiek Vlaanderen !

Breizh dizalc'h ! Republik Breizh !

Posté par An Euzhvil à 14:31 - Europa - Europe - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Programme d'Adsav

Le programme d'Adsav est disponible sur un Blog non-officiel du parti : http://www.adsav.eu/

C'est là que ça se passe : http://www.adsav.eu/adsav/programme.php

Posté par An Euzhvil à 12:54 - Politikerezh - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juillet 2007

Feiz ha Breizh ?

Un petit passage du très beau livre de Youenn Drezen Itron Varia Garmez (et sa traduction):

""Kement ger brezhonek moulet war baper a zo ur skoilh muioc'h savet war hent al lanv gall.

- A! evelato!..." eme, en ur c'hoarzin, ar person kozh. Ma chomas e fourchetez hanter hent etre e blad hag e ziweuz. " Kemend-all a levezon a vo e div pe deir drailhenn werzennel ?...

- Ya !" a responte an Ao. Abgrall.[...]

Kendalc'h a rae:

"N'on ket enebour d'ar galleg, nann; ha ma savan a-du gant ar brezhoneg, n'eo ket, evel hor c'henvreur yaouank, o vezañ ma'z on chalet gant keltiegezh pe varzhoniezh savet hervez ijin ar Ouenn. Mibililiezh, kement-se. Me a zo va freder uheloc'h : mard eo gwir eo ar brezhoneg hag ar feiz breur hac'hoar e Breizh, setu ur wirionez all : ni, beleien, n' hon eus netra a vat da c'hortoz, evit hor Relijion, hag hor beli-ni, beleien Doue, diouzh ar galleg en hor mesk..." [...]

An Ao Kerdraoñ a oa sarret e zaoulagad. Anat, avat, e lufre e vourc'hoazh diskredik a-dreñv e valvennoù.

"'M eus aon e oar an Diaoul brezhoneg ivez... emezañ.

"Ar pezh a zo anat eo e c'heller pec'hiñ e brezhoneg. Emañ ar skouer en-dro deoc'h, Aotrounez. Pont-'n-Abad a zo brehonek e yezh, evel Bodiliz, pe Blouvorn pe Berlez, e Bro-Leon ar gatolikañ. Hogen, war-bouez ur dornadig parrezianiz didamall a-walc'h, an holl amañ a zo digristen o buhez. Ken ar wazed, ken ar gwragez...

- Evidon-me atav n'eo ket souezh. N'o deus da damall nemeto. Bremañ, evit kement a sell ouzh ar brezhoneg e-keñver ar Feiz, e choman divrall gant va meno. Brezhonekaat a ra ar bobl, hen anzav a ran. He c'helennadurezh avat ?... Boued he spered ?... Pelec'h ez a d' e gerc'hat ? N' eo ket e kador-brezeg ar veleien, atav ! El levrioù gallek, ne lavaran ket, er c'hazetennoù gallek. Ha nemet er galleg an noazusañ e levezon.

Setu eta : breizhek eo ar grogen : yezh ha gwiskamantoù bigoudenn. Hor parrezianiz, avat, a zo gallekaet temz o spered. Ren a reont o buhez evel Gallaoued ar c'herioù bras direol. Evit dezhi bezañ brezhonek, ur Vreizh digristen, daoust daoust hag e vefe Breizh Atav ? [...]

Ur barrez evel houmañ, daoust ha brezhonek he yezh, a zo gallekaet ha kontammet he spered. Bretoned, parrezianiz ar gêr-mañ ?... Salver Jezuz !

Debriñ, evañ, en em barat, en em roiñ d' an dañsoù divodest, d' ar sonioù dizonest, da bec'hedoù ar c'hig, kemer he flijadur diouzhtu, setu reolenn he buhez, da bobl ar barrez-mañ.

Ha ni, beleien, p' eo, end-eeun, hor c'hefridi skourjezañ an dizurzh, derc'hel an eneoù war an hent mat, ha prezeg ar bazianted kristen, dont a reont, e doare trugarez, da deurel mein ouzh prenistri hor prespital..."

(Youenn Drezen, Itron Varia Garmez, Al Liamm, 1977 [embannet evit ar wech kentañ/1e édition : 1941])


(troidigezh)

""Tout mot de breton imprimé sur le papier est un obstacle de plus devant la marée montante du français...

- Ah ! Sapristi!... s'exclamait en riant, le vieux curé. Sa fourchette en demeura à mi-chemin entre son assiette et ses lèvres. Deux ou trois bagatelles versifiées sont douées d' un pareil pouvoir ?

- Oui! répondit M. Abgrall." [...]

Il poursuivait:

- Je ne suis pas hostile au français, certes; et si je me déclare partisan du breton, ce n'est pas que, comme notre jeune confrère, j'aie souci de celtisme ou de littérature fondée sur le génie de la race. Futilités, que tout cela. Mes préoccupations sont d' un ordre plus élevé: s' il est vrai que le breton et la foi sont frère et soeur en Bretagne, voici une autre évidence: nous, prêtres, nous n' avons rien de bon attendre, pour notre religion et pour notre influence à nous , ministres de dieu, de la victoire du français sur le breton...

M. Kerdraoñ avait fermé les yeux. Mais l' on sentait que son sourire sceptique brillait sous sa paupière.

- J'ai bien peur que le diable ne sache le breton aussi... fit-il. La preuve vous environne messieurs... Pont-'n-Abat parle le breton, comme Bodiliz, ou Plouvorn ou Berlez dans le Léon le plus catholique. Mais si l'on excepte une petite poignée de paroissiens à peu près potables, la population, ici, mène une vie a-chrétienne. Les hommes comme les femmes.

- Je maintiens mon point de vue. Le peuple parle le breton, je l'admets. Mais son instruction ? ... Sa nourriture spirituelle ? Où va-t-il les chercher ? Pas, en tout cas, auprès de la chaire de ses prêtres. Mais bien dans les livres français, dans les journaux français. Et dans le français le plus pernicieux.

Ainsi donc : l'enveloppe est bretonne, à savoir la langue et le costume bigoudenn. Mais l'esprit de nos paroissiens est francisé. Ils se comportent dans leur vie comme les Français des grandes villes dissolues. Une Bretagne non-chrétienne, quoique parlant le breton, est-elle quand même la Bretagne ? [...]

Une paroisse, comme celle-ci, encore que bretonne de langue, est francisée et contaminée. Bretons les paroissiens de cette ville ?... Sauveur Jésus !...

Manger, boire, s' accoupler, s' adonner aux danses indécentes, aux chansons obscènes, aux péchés de la chair, jouir tout de suite, voilà sa règle de vie, au peuple de cette paroisse.

Et à nous, prêtres, puisqu'enfin c'est notre rôle de vitupérer l' indiscipline, de maintenir les âmes dans le droit chemin, et de prêcher la résignation chrétienne, ils viennent, en guise de remerciements, jeter des pierres contre les fenêtres de notre presbytère..."

(Youenn Drezen, Notre-Dame bigoudenn, Denoël, 1977 [édition en français])


Ce court passage n' est pas révélateur du reste de l' ouvrage (un roman qui tient du roman d'initiation sur fond de conflit social en pays bigoudenn). Mais il l'est d' une certaine frange catholique de l' Emsav (une frange en voie de disparition il faut bien le reconnaître) pour laquelle une Bretagne déchristianisée ne serait plus la Bretagne comme si la Bretagne avait attendue les zélateurs du Galiléen pour exister. On parlait du peuple breton avant que ces derniers ne songent à répendre leur message de par le monde. Et la Bretagne existera toujours demain - espérons le ! - lorsque le dernier chrétien breton sera mort de sa belle mort. Je ne sais plus qui disait "L'Eglise perd beaucoup en perdant la Bretagne, mais la Bretagne ne perd pas grand-chose en perdant l'Eglise !"...

Dans ce discours entre deux hommes d'Eglise reste cette vérité: "Tout mot de breton imprimé sur le papier est un obstacle de plus devant la marée montante du français..."

N' eo ket ret deomp lakaat an tan war an ilizioù. N' eus nemet da c'hortoz... ;-)

Posté par An Euzhvil à 16:50 - Levrioù - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juillet 2007

Guerres de l’Ouest : La mémoire interdite?

Communiqué de la kevrenn Bro-Ereg (ADSAV! An Oriant)

Cadoudal_Jouannic

Statue de Mr Jouannic

Il y a de cela maintenant trois ans, une association d’Auray a fait réaliser une statue de Georges Cadoudal. L’effigie de bronze du général chouan devait prendre place dans le parc attenant au mausolée, le jour du bicentenaire de son exécution.

La mairie d’Auray s’étant formellement opposée à l’installation de la statue, cette dernière attend toujours un endroit qui puisse l’accueillir, à la grande colère et frustration des Bretons privés d’une partie de leur histoire.

Que signifie cette interdiction d’honorer la mémoire d’un héros dont le souvenir est encore très présent, particulièrement dans ce pays d’Auray si fortement marqué par les guerres de l’ouest ? Comment ne pas voir deux poids et deux mesures dans le fait que la statue du général républicain Hoche, elle, puisse y trôner ?

Y a-t-il de bons et de mauvais morts?

L’histoire doit-elle être sélective, deux-cents ans après une tragédie fratricide?

La kevrenn Bro-Ereg s’insurge contre cette partialité et demande que justice soit rendue à Georges Cadoudal, ainsi qu’aux habitants d’Auray traités en sous-citoyens à la mémoire gommée, comme dans les pires régimes totalitaires!

Avec elle, faisons connaitre notre indignation : participons tous ensemble à la protestation qui sera organisée au mois d’Août 2007 !

Renseignements :
Kevrenn Bro-Ereg / Gweltaz Jaffrelot, penn kevrennour
tel: 06 62 34 03 35

hoche

hoche2

Hoche trônant à Kiberen depuis plus d' un siècle

Posté par An Euzhvil à 23:34 - Politikerezh - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juillet 2007

Bretonischer Marsch / Ton-bale breizhat

Un peu plus jouissif que le Bagad de Lann Bihoue, neketa ?

Pour ceux qui ne connaitraient pas LE groupe néo-médiéval (teuton evel just !) Corvus Corax:

http://www.corvuscorax.de/

Posté par An Euzhvil à 22:24 - Sonerezh - Musique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Je verrai un monde qui ne me plaira pas

Prophétie de la Morrigan, tiré de la Seconde Bataille de Mag Tured :

Je verrai un monde qui ne me plaira pas :
été sans fleurs,
vaches sans lait,
femmes sans pudeur,
hommes sans courage,
captures sans roi,
arbres sans fruits,
mer sans frai,

mauvais avis des vieillards,
mauvais jugements des juges,
chaque homme sera un traître,
chaque garçon un voleur,

le fils ira dans le lit du père,
le père ira dans le lit du fils,
chacun sera le beau-frère de son frère,

un mauvais temps,
le fils trahira son père,
la fille trahira sa mère.

morrigan

(ce texte très proche de la partie finale du Dialogue des Deux Sages (Christian-J. Guyonvarc'h[trad.], Le Dialogue des Deux Sages, bibliothèque scientifique Payot, 1999) est à rapprocher des paroles du Galiléen: "N' allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Je suis venu allumer un grand feu sur la terre. Je suis venu mettre la division entre le fils et son père, entre la fille et sa mère, entre la bru et sa belle-mère; et l' on aura pour ennemis ceux de sa propre maison"(Matthieu X, 34-35))

Posté par An Euzhvil à 02:52 - Keltia - Celtie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Saint-Loup, les Bretons et le "régionalisme"

Il y a des livres "coups de poing", des livres qui marquent. Un de ceux qui ont participé à ma prise de conscience nationale et nationaliste est un roman : Plus de Pardons Pour les Bretons de Marc Augier, alias Saint-Loup. L'histoire d'un ancien Sinn Feiner irlandais et de ses fils lancés dans le combat pour la libération de la Bretagne et de la Celtie. Il n'y aurait que peu d' intérêt à en raconter l' histoire dans le détail, aussi je me contenterais d' en conseiller la lecture, enfin sauf aux tièdes, aux mous et aux régionalistes de tout poil ! Ce bouquin est en effet un brûlot politiquement incorrect. Il est d' ailleurs assez étonnant que Saint-Loup soit devenu la figure de proue d' une mouvance "identitaire" qui se revendique "régionaliste". Saint-Loup n'avait rien d'un régionaliste comme l'explique un certain Jérome Moreau dans un essai intitulé Sous le Signe de la Roue Solaire, Itinéraire Politique de Saint-Loup (L'AEncre, 2002).

plus_de_pardons_pour_les_bretons_2

Jérome Moreau montre la cohérence de la pensée de Saint-Loup et ce dans tous les domaines, notamment celui de la défense de l'identité, de la défense des "patries charnelles" formule due à Saint-Loup. "Saint-Loup n'est pas régionaliste. Contre les régionalistes, il affirme que "le folklore est la honte d'une ethnie encore vivante et qui n'ose plus s' affirmer souveraine." La France jacobine veille en effet à ce que rien dans l'affirmation des cultures régionales (sic) ne puisse dépasser le stade du folklore. Saint-Loup montre comment le régionalisme, qui ne débouche sur rien, doit être dépassé par un mouvement séparatiste. Il n'y a pas d' affirmation de soi sans séparation d'avec les autres." Plus loin, il montre que dans Nouveaux Cathares Pour Montségur, autre roman du cycle des patries charnelles avec La République du Mont-Blanc et Le Sang d' Israël, la France ne peut pas être la patrie de l' héroîne occitane, Barbaïra, "parce qu'elle "n'a d'autres contours qu'idéologiques" [Saint-Loup]. La France n' est pas la terre de ses pères. Dans cette dernière expression semble bien être résumée toute la conception des "patries charnelles", les deux impératifs du sang et du sol qui doivent commander à toute renaissance des communautés populaires aujourd'hui." Saint-Loup expliquait ce qu'il entendait par "patries charnelles" ainsi: "L' europe doit donc être repensée à partir de la notion biologiquement fondée du sang, et des impératifs telluriques, donc du sol. Voilà quel est le contenu des "patries charnelles". Il ne peut exister que de petites patries charnelles nourries de cette double force. En effet, plus l'espace unifié s' étend, plus la réalité raciale se dilue par mélange et plus le territoire échappe à la propriété de l'individu au profit du groupe." ("Une Europe des patries charnelles?", Défense de l' Occident, n° 136, mars 1976)

Moreau résume: "la patrie charnelle correspond à une aspiration naturelle, lorsque les hommes sont en passe de perdre l'essentiel dans les grandes entités idéologiques, c' est à dire leurs racines." Le but étant ainsi de lutter contre "la confusion des races et des langues" ("après la langue, on vise la race" dixit Soldat Louis). "Avec son cycle des patries charnelles, [Saint-Loup] propose une alternative politique, sociale et religieuse à l' impérialisme qui avance dissimulé sous le masque de l' universalisme-qu'il soit libéral, chrétien ou communiste. Le retour à la "terre des pères" est plus qu' un retour vers le sol des ancêtres. Il s'agit avant tout d' une religion. Car aimer sa terre, c' est être païen, dit Saint-Loup."

 Ce qui est particulièrement intéressant pour nous dans l'essai de Jérome Moreau, c' est qu'il montre que l'évolution politique de l' écrivain Saint-Loup est en partie due à sa fréquentation de l' Emsav. Il avait ainsi rencontré Yann Fouéré en 1938 à New-York au 2e Congrès de la Jeunesse Mondiale où lui même représentait le Centre Laïc des Auberges de Jeunesse et Fouéré, l' Union des Etudiants Bretons de Paris. Mais, il aura aussi l'occasion de rencontrer la plupart des figures de l' Emsav de l' époque, comme Mordrel. S'il n'est pas au départ favorable à l' indépendance de la Bretagne, il ne cache pas toutefois sa sympathie pour le combat des Bretons: "Le PNB réclame une Bretagne non spirituellement asservie... L' Institut Celtique prépare les normes d' un peuple breton et d' une Bretagne unifiée. [...] Entre le néant français et le devenir européen qui tarde, ils ont une plate-forme politique magnifique: Bretagne d' abord!"(La Gerbe, 02/10/1941) Progressivement, il se rendra compte de la nécessité de "réorganiser l' europe sur des bases ethno-linguitiques" grâce aux "mouvements indépendantistes de type ethnique/linguistique comme celui des Bretons" (Moreau). Saint-Loup écrivit même des articles dans la revue La Bretagne Réelle à la fin des années 60...

"Non seulement en France, mais encore un peu partout dans le monde, les minorités ethniques commencent à contester la légitimité des nations modernes bâties sur un enchaînement de mariages royaux, achats ou spoliations de terres, actions militaires accomplies sans aucun respect de la personne humaine et de ses libertés fondamentales. Ces minorités tendent à se retirer des grands ensembles nationaux qui, trop souvent, les oppriment. Le vingt et unième siècle verra-t-il la renaissance de ces patries charnelles, seules capables de maintenir la différenciation entre groupes humains, source du progrès de toutes les cultures ? Rétablira-t-il un cadre de vie à la mesure de l' homme dont la société de consommation n' assure pas le bonheur ? Verrons-nous la fin des grandes entités impérialistes qui, de guerre en guerre, conduisent le monde vers des catastrophes décisives avant qu' il ne soit trop tard ?" (Saint-Loup, Le sang d' Israël, Presses de la Cité, 1970)

Personnages nietzschéens, idéal de l' Europe des ethnies: lire, relire (et faire lire !) Saint-Loup est un retour aux sources...

Saint_Loup2

Posté par An Euzhvil à 02:12 - Levrioù - Livres - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juillet 2007

Panneaux frontaliers européens BREIZH



Ici s’arrête la France, ici commence la Bretagne !

Dimanche 29 avril 2007, les militants du parti du peuple breton, ADSAV ont disposé des panneaux frontaliers à chaque point d’entrée de la Bretagne. Du Mont St Michel au vignoble nantais, en passant par Fougères et Clisson, des panneaux aux couleurs de l’Europe et gravés au nom de notre nation : BREIZH ont été ajoutés aux panneaux officiels. Par cet acte solennel et cette action symbolique, les militants indépendantistes d’ADSAV ont voulu clairement exprimer que la Bretagne a un avenir propre alors que la France détourne le peuple breton de ses vrais problèmes par une élection présidentielle ridicule. La Bretagne peut réussir pourvu qu’elle recouvre sa liberté et vole de ses propres ailes. La France, en sortir c’est s’en sortir. Si nous le voulons, tous ensemble nous pouvons faire en sorte que ces panneaux frontaliers deviennent réalité. Reconstruire notre nation bretonne, c’est assurer l’avenir de nos enfants. C’est également contribuer à la construction de l’Europe des peuples.

Vidéo proposée par http://www.adsav.eu 

Posté par Youenn à 23:27 - Politikerezh - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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